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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 06:30
12 février

Les foulées de la Tave

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Titifb  Cathy MONTES et Tatiana CHANTANT
Tiercé gagnant à Connaux

 
LES FOULEES DE LA TAVE : Titifb, LE RETOUR !
 
Aujourd'hui, point de style journalistique pour commenter la course à laquelle j'ai participée hier. Non, le commentaire se fera à la première personne du singulier...normal, cette course-là, je l'ai courue...de l'intérieur et non plus du bord du trottoir, l'appareil de photos à la main. Du coup, d'ailleurs...moins de photos...ah, on ne peut pas tout avoir !

Hier, nous étions  près de 400 coureurs à nous presser sous la banderole du départ au cœur du petit village Gardois de Connaux. Pour cette 6e édition des Foulées de la Tave, le club organisateur peut s’enorgueillir d’un gros succès populaire, sachant qu’avaient lieu en même temps Le Tour des Remparts à Avignon, et les Interrégionaux de cross-country ! Succès légitime et mérité pour une très belle épreuve de 11 km, bien vallonnée, qui nous permet de découvrir les petits hameaux aux clochers typiques entourés de vignes prometteuses.

Ma course vue de l’intérieur :

Je reviens à Connaux comme l’assassin sur le lieu de son crime ! En effet, cette course représente beaucoup pour moi, car d’une part, je l’ai remportée en 2005, et d’autre part, je renoue avec la compétition après 4 mois de blessures et de doutes…si l’on excepte ma participation au cross départemental le mois dernier (pour mon club !), où ma superbe prestation m’aura valu la dernière place ! Mais aujourd’hui, point de footing en vue, je viens pour courir, pour me battre, pour savoir où j’en suis. Mes camarades de club, pour la plupart sont aux Interrégionaux, et d’autres aux Foulées des remparts. Néanmoins, nous sommes quand même 9 Pierrelattins à avoir fait le déplacement. Et parmi ces 9, outre moi-même, Titifb, mes deux athlètes Kikoureurs Défi Franck et Lucho 26.

L’échauffement :

Une pluie fine nous accueille dès notre arrivée, tant mieux, j’aime bien ces conditions, d’autant qu’il ne fait pas froid (5°), et que le vent ne s’est pas invité, comme il y a 2 ans (vent et 4° !! glagla). A peine sortie de la voiture, j’entends le speaker, Claude Razon parler de moi en signalant ma présence…je vais rapidement le voir et hors micro, je lui dis de ne pas faire mon panégyrique, que je suis en reprise et que je veux courir sans pression : je suis là pour courir, pas pour la gagne ! Je lui demande aussi de ne pas dire au micro que je suis diminuée par 4 mois de blessures…Mes adversaires n’ont pas besoin de savoir que je cours avec une patte folle ! Il le comprend très bien et m’oublie enfin ! Il jette du coup son dévolu sur une autre coureuse que je ne connais pas Cathy Montès, (licenciée à l'ACA, et vainqueur des 10 km de Garons dans sa catégorie) et qui devient la favorite…Tant mieux, me voici tranquille.

Mes affaires commencent mal, je prends un point de côté dès l’entame du footing à 10 km/h. Stress ? Je ne sais pas, mais, ça me ronge déjà ! Aïe ! La moindre côte me semble l’Alpe d’Huez…Je suis essoufflée et j’ai du mal à suivre le rythme pourtant tranquille de mes deux compagnons. Je me dis : c’est dans la tête, tu es là en reprise, personne ne t’attend, cours seulement pour le PLAISIR ; ne regarde pas ta montre, cool.

Mais, voilà j’ai peur, comme une débutante…Je ne me rappelle pas avoir jamais angoissé comme ça au départ d’une course ! Le starter nous appelle, les choses sérieuses vont commencer…

Sans que j’y prête attention, je me retrouve sur la ligne de départ d’un peloton fort de 400 unités trépignant d’impatience. Sur la ligne de départ, c’est à dire DEVANT ! A côté de moi, Stéphane Ruiz, le vainqueur sortant, le régional, habitué des podiums qui s’offrira aujourd’hui une nouvelle victoire…Qu’est-ce que je fais ici, devant, avec les favoris, ceux qui courent pour gagner, et qui ont déjà le doigt rivé sur le bouton du chrono…ah, ce que c’est que la force de l’habitude : c’est que la ligne, c’est ma place…La place de ceux et de celles qui en veulent ! Me suis-je placée par hasard ? Pour me donner du courage, pour me motiver ? Je ne sais pas et il est trop tard pour reculer, le peloton faisant un bloc humain où il est impossible d’y glisser une basket ! Je regarde autour de moi. Sur cette fameuse ligne de « démarcation », point d’autres filles…Ah ? Ca me renseigne quand même sur les motivations de mes adversaires  Moi, quand j’ai l’ambition de faire quelque chose sur une course, je n’hésite pas à me placer devant avec les garçons, sachant qu’il me faudra partir très vite si je ne veux pas gêner et me faire bousculer et marcher dessus !

La course :

Monsieur le maire de Connaux nous libère d’un coup de pistolet, et me voici partant à fond dans la grand rue qui n’a de grand que le nom : un mètre cinquante de largeur !!! Heureusement, mon départ canon me permet de passer sans être le moins du monde gênée par qui que ce soit et je sors parmi le peloton de tête du village. Après une longue ligne droite en faux plat-montant, nous arrivons au 1er kilo indiqué au sol. Je regarde ma montre 3’52 ; bon, pour l’instant tout va bien. Je ne me retourne pas…Déjà les premiers hommes ont disparu de mon champ de vision ! Nous abordons maintenant, toujours sur bitume une montée dans un lotissement. Dur, mon point de côté se rappelle à mon bon souvenir. Je serre les dents et je me dis, allez, plus que 10 km ! Tout le long de ma course je me dirai : « allez, plus que 9, plus que 8, plus que… » et : « Pour l’instant, je suis en tête de la course chez les femmes ! ». Au plus les kilomètres passent au plus je commence à y croire. A croire à l’impossible ce matin encore. Oui, la victoire sera peut-être à l’arrivée. En traversant les villages, ou le long des vignes des spectateurs m’annoncent comme étant la première femme, mais personne pour me dire combien j’ai d’avance sur la seconde…En course à pied, pas d’ardoisier, ni d’oreillette avec un quelconque directeur sportif…Je cours donc en aveugle car je ne veux pas me retourner. Le parcours est très agréable et il ne pleut plus. Nous serpentons à travers la campagne sur des petites routes et des chemins de terre, un peu boueux mais pas trop. Enfin, la délivrance, voici le retour sur Connaux. Je n’en peux plus, mon point de côté me déchire en deux, j’ai le souffle court et toujours l’angoisse que la deuxième soit juste derrière moi, prête à me défier dans un sprint final au couteau. Je débouche dans le dernier visage, je serre les dents et sprinte à fond. Non, je ne me ferai pas passer maintenant, pas après avoir mené la course sur 10, 800 km ! J’arrête mon chrono sur la ligne d’arrivée : 43’20 ; il me faut de longues secondes pour retrouver mon souffle, mais j’ai désormais le sourire. J’ai gagné ! Une victoire totalement imprévue. Enfin, néanmoins, je relativise ma performance : mes adversaires habituelles sont absentes, et mon chrono, bien que correct, n’est pas fameux. En 2005 j’ai fait 42’05. Mais, bon, je ne vais pas faire la fine bouche, je l’emporte aujourd’hui, ça me fait non seulement très plaisir, mais comme me le dit mon copain Chtigrincheux, ça me redonne confiance, et ça, c’est énorme. Depuis 4 mois, je ronge mon frein, je regarde les autres courir et monter sur les podiums où je dominais naguère moi aussi. Alors pour aujourd’hui une victoire aux Foulées de la Tave, même sans une grande opposition, ça se savoure et c’est du BONHEUR…

Et nos deux autres Kikoureurs me direz-vous ?

Ah, je suis loin du cross départemental où j’étais arrivée dernière dans l’indifférence générale ! Le temps de reprendre mon souffle, le speaker me met le micro sous le nez pour une interview sur le vif ! Puis je franchis les barrières sous les félicitations du public et les tapes amicales des amis et des coureurs arrivés avant moi.Le temps de rendre mon dossard et d’enfiler un sweat, je repars en arrière pour les encourager sur les derniers hectomètres ! Le premier que j’aperçois n’est autre que Lucho 26. Il a le masque de la souffrance…il grimace, et se relance à mes encouragements ! Son sprint final lui vaudra plusieurs places de gagnées. Quant à l’ami Défi Franck, à quelques encablures, l’apparition de son coach lui provoque un électrochoc à lui aussi et le voilà qui file à fond de train vers l’arrivée! Luc prend une 124e place en 48’08 (39e Senior) et Défi Franck est 129e en 48’23, (43e Senior).

Ma poursuivante, finalement n’était pas sur mes talons. Cathy Montès franchit la ligne d’arrivée en 46’. J’avais donc de la marge…sans le savoir ! La 3e Tatiana Chantant assure un 47’34 .

Chez les hommes, Monsieur Ruiz termine en 35’48, Damien Loyan en 36’19 et Jean-Marc Verdet, 3e en finit en 38’18.

La remise des prix a lieu dans le gymnase à deux pas de l’arrivée. Et, c’est avec émotion, croyez-moi, que je monte sur la plus haute marche du podium…Sensation que je pensais appartenir désormais au passé. Car quel athlète peut être sûr de revenir après une période de blessures ? Et quand ? Du haut de mon podium, j’ai un instant de vertige…j’ai du mal à contenir mon émotion. Heureusement, je fais du théâtre, et je prends sur moi : mes larmes coulent, mais à l’intérieur de moi…Bon, 2 victoires à Connaux. Ne dit-on pas "jamais deux sans trois" ? Je reviens l'an prochain !

Moi qui ai un blog qui porte le nom de « Courir plus haut », aujourd’hui, j’ai été à la hauteur

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commentaires

jean claude 11/02/2008 18:32

Bravo titifb !
Excellent podium en 2007 !
Meilleur chrono en 2008 !

J'ai ainsi le plaisir de lire, 2 récits d'une même course, l'un truffé d'humour, de 2008 sur Kikourou, et l'autre non moins bon, de 2007 sur ton blog.
JC

defi franck 09/02/2008 08:14

et oui toujours la ma titifb bisou

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  • : Le blog de Titifb, passionnée de montagne. 6e des championnats du monde Master de course en montagne 2006. Trails, 10 km, plans d'entraînement, conseils, récits de courses...Coach d'une équipe de coureurs Drômois.
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