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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 07:06
11 janvier
La solitude d'une coureuse de cross

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Dimanche 7 Janvier 20007, moi aussi j'étais présente aux Championnats de cross départementaux à Bourg les Valence...Certains ne s'en sont pas rendus compte ! Pour le savoir, il fallait être très attentif à l'arrivée...des derniers. Il fallait lire les résultats des coureurs tout en bas de la page du cross court.
Eh, oui, j'ai signé mon retour à la compétition après 2 longs mois de blessure (déchirure musculaire du mollet lors d'une course le 28 octobre). J'ai donc pris le départ du cross court en compagnie de mes athlètes de la Section Loisirs (et Montagne). Ma seule ambition sur cette course de 3310 m, c'est de la faire en footing pour accompagner mon athlète Lydie Favel pour qui mettre un dossard est une première. Sur cette épreuve les garçons et les filles courent ensemble, et je me retrouve aux avant-postes (ah, la la les habitudes !), au coté de Lucho26, de Défi Franck, d'Eric Saltré, et des autres, venus pour autre chose que pour dérouler un footing de reprise ! Comprenant mon erreur dès le coup de feu du starter, je mets les gaz pour dégager le passage...Oh, là, je me sens des ailes, oubliant toute prudence et toutes mes résolutions (ne pas forcer, sinon mon kiné Pierre, ne serait guère content !) je prends immédiatement ma place parmi les garçons du groupe de tête, au coude à coude avec une féminine Aurélie Châtaigne de l'EARP (Club de Romans/Bourg de Péage) qui remportera le titre. Tout va bien...pendant les 500 premiers mètres du moins. Une petite butte que la montagnarde que je suis n'aurait même pas remarquée, a stoppé mon élan vers la victoire ! Une douleur dans les ischio-jambiers m'a rappelée à l'ordre ! On ne se remet pas de deux mois d'arrêt, comme ça ! Y a pas d'miracle. Le corps n'est pas une machine. L'esprit voudrait bien, le corps...est quelque fois récalcitrant. C'est un peu la mort dans l'âme que je laisse filer la course. Je m'arrête d'ailleurs carrément au grand dam de tous les spectateurs qui assistent à ma "détresse". Sympathiquement, les coureurs qui me passent m'encouragent à continuer et ont du mal à comprendre mon arrêt. Tous pensent que j'abandonne. Lucho26 d'abord et Défi Franck ensuite, me crient "Allez Titi !". Mais, moi, j'attends...la fin du peloton pour retrouver mon athlète et avec Lydie que j'encouragerai tout le long, je terminerai ce cross pas si court que ça (quand on le court à moins de 10 km/h). Je franchis la ligne la dernière, laissant à Lydie le soin de me devancer sous la Banderole ARRIVEE. Elle est fatiguée, mais heureuse d'en avoir fini, moi aussi !
Dans l'aire d'arrivée,
rien que des officiels, indifférence générale des spectateurs, ou absence, plutôt. Tout le monde attend le départ imminent de la course des Vétérans hommes...
 
Cette expérience est pour moi enrichissante : blessée, diminuée, mon statut a changé au sein des pelotons. Auparavant, j'arrivais souvent dans les 3 premières places. (30 courses par an 28 podiums !).
La différence ? Avant, lorsque je mepréentais à un ravitaillement, il n'y avait encore personne. Un bénévole me saluait en me tendant un gobelet, et aucun ne traînait par terre...A l'arrivée, mon nom était cité et applaudi, quelqu'un m'aidait à enlever mon dossard, pas d'attente dans les barrières pour le rendre, interview du journaliste de service ou du speaker, la table de ravitaillement était pleine et croulait sous les victuailles de récupération...
Tout cela aujourd'hui, je le regarde avec des jumelles ! Aux ravitos de course, c'est la queue, la débandade, ou alors, plus rien, on court sur une montagne de gobelets qui jonchent le sol devenu blanc et mouillé (attention ça glisse !!!!!!!!). A l'arrivée, noyée dans la masse, je piétine pour rendre mon dossard et rentrer dans l'aire d'arrivée où je découvre une table de ravitaillement..plus ravitaillée !

Tout ça je ne l'avais jamais vécu jusqu'à lors...J'ai eu la chance d'avoir de bons gênes ou de bonnes dispositions, et dès ma première course (La PENNE SUR HUVEAUNE), je me suis offert la victoire...
Ca ne fait rien...j'ai appris. On apprend plus dans l'échec, dans la blessure. Je n'ai pourtant jamais été "fière", mais, néanmoins, aujourd'hui, je me rends mieux compte de ce que vivent la plupart des coureurs anonymes des pelotons. Une bonne leçon.

Ceci me rappelle la difficile condition de coureur à pied...et d'être humain en général.
Je ne me plains pas. Je peux recourir après deux mois de stand by, à ronger mon frein. Pour l'instant je regarde passer la course, et j'espère pouvoir bientôt prendre part à la bagarre avec les meilleures...D'autant que le président de mon club veut que je participe aux Championnats Régionaux de cross dans 15 jours, pour faire partie de l'équipe qui ira aux Inters et peut-être aux France !!!
J'ai passé mes vacances de Noêl à Cauterets près de Lourdes, mais j'suis pas bien sûre qu'il y ait un miracle pour moi dans deux semaines. Avec les réussites de Chantal Baillon, je vis aujourd'hui mes victoires...par procuration !
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  • : Courir Plus Haut
  • : Le blog de Titifb, passionnée de montagne. 6e des championnats du monde Master de course en montagne 2006. Trails, 10 km, plans d'entraînement, conseils, récits de courses...Coach d'une équipe de coureurs Drômois.
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