Le blog de Titifb, passionnée de montagne. 6e des championnats du monde Master de course en montagne 2006. Trails, 10 km, plans d'entraînement, conseils, récits de courses...Coach d'une équipe de coureurs Drômois.
DE L'ART DE BIEN GAMBADER
En ce Samedi 23 Juin, le soleil est au rendez-vous au-dessus de Gigongas, petit village au grand nom situé dans le Haut Vaucluse au pied des dentelles de Montmirail. C'est une halte incontournable pour les amateurs de ce cru connu dans le monde entier. Habituellement les 700 habitants y vivent bien paisiblement à l'ombre des platanes. Les historiens nous apprennent qu'au temps des romains Gigondas s’appelait "Jocunditas" ce qui veut dire joie, allégresse...

CHRONIQUE D'UN PODIUM ANNONCE
Non, je ne vais pas faire faire dans la dentelle (sic !) aujourd'hui. Il y a du vin à gagner sur cette course au nom évocateur de ballade bucolique : la Gambade ? J'y vais, j'y cours, j'y vole ! Je ne compte pas courir en vain aujourd'hui. A l'arrivée ma place sera sur le podium ou ne sera pas...J'ai promis à mes copains Kikous de ramener la dive bouteille (cf : Rabelais " la Dive Bouteille ", Cinquième Livre).
Comment se présente cette course ? 11 km environ pour 470 m de dénivelée positive et négative à travers les vignes, par des pistes, des chemins, des monotraces, des petites routes qui serpentent et se jouent de la pente. Un vrai toboggan ! Ca descend, ça monte, ça redescend...ça remonte et ainsi de suite ! On n'a pas le temps de s'ennuyer.
UN PEU DE TECHNIQUE
Au fil du temps, de nombreuses méthodes de gambade ont été développées. Je vais vous montrer les principales, inventées par l'arrière-arrière-grand-père du Dernier Gambadeur lui-même, il y a de cela très longtemps. Ces méthodes consistent en une levée d'un genou pendant que l'autre jambe fait une traînée. A noter que la pratique de cette méthode ne présente aucun effet secondaire connu.
Définition scientifique de la gambade :
La gambade est un moyen de locomotion bipède constitué d'une phase de propulsion à une seule jambe 1, suivie d'une phase d'envol où les pieds n'ont plus de contact avec le sol 2, suivie d'une phase de réception assumée par la même jambe qui a propulsé 3, suivie d'une phase de transfert de poids où les deux pieds touchent le sol 4, suivie d'un nouveau cycle où l'autre jambe joue de façon symétrique les mêmes rôles que sa consoeur.
Source : Gambader ou étude d'un mode de locomotion bipède LAPOINTE F. et F. THERRIEN.

Tout d'abord il est important de comprendre que plus le bond sera fait en hauteur, plus il demandera d'énergie et moins grande sera la distance parcourue. Ce sera donc la relation entre ces facteurs (hauteur/distance) qui servira principalement à définir la technique employée. Le potentiel euphorisant de la méthode est aussi un facteur d'importance. Ce dernier sera habituellement proportionnel à la hauteur du bond et à l'extravagance des mouvements exécutés.
Autre point d'importance, les méthodes présentées ici sont des méthodes de base. Chaque personne qui gambade le fait avec son style propre. Celles présentées peuvent être modifiées à la guise du gambadeur et au fil de son cheminement. Il n'y a ici pas de «bonne» ou de «mauvaise» gambade. Il n'y a que de la gambade ou autre chose. Pour savoir si ce que vous faites est de la gambade, référez-vous à la définition ci-dessus.
Quand à moi, j'ai expérimenté ce matin, dès 10 heures pétantes, la méthode dite du Papillon.
Méthode papillon
Cette méthode est parmi les plus euphorisantes connues ! Elle est semblable à la méthode décrite ci-dessus, mais s'en distingue par le mouvement vertical des bras. Lors de la phase d'envol, les bras atteignent leur pleine envergure et reviennent près du corps lors de l'atterrissage. Le mouvement vertical des bras ressemble à un battement d'ailes, de là le terme «méthode papillon».
Habituellement, le genou est élevé de la même façon qu'avec la méthode moderne, ce qui favorise une plus grande euphorie.
AU COEUR DE LA COURSE !
Plus courte que par le passé, le parcours de la Gambade a changé depuis ces dernières années. Légèrement raccourcie, elle n'en demeure pas moins une course difficile, avec un dénivelé qui en fait une réelle course de montagne. Entièrement sur la commune de Gigondas elle nous permet de découvrir une nouvelle vallée et de superbes paysages.
Sur le parking de Gigondas, pas de Kikous, mais quelques copains que je retrouve avec plaisir sur des épreuves régionales, et notamment André Debéthune.
Je ne m'étendrai pas de long en large et en travers sur cette course qui signait mon retour à la compétition depuis mon "aventure" au Pic Saint Michel. Il m'a fallu 3 semaines pour me remettre de mes émotions. J'ai toujours mal aux deux mains...
Dès le départ (en descente), j'ai pris le commandement de la course (chez les femmes !), dans l'espoir de gambader tranquille à l'avant du peloton, mais deux autres féminines avaient conçu le même projet ! Dès l'entame de la remontée assassine au-dessus du village, la Vauclusienne Anne Rosati n'a fait qu'une bouchée de mes ambitions dominatrices, suivie quelques sueurs plus tard par une autre contestataire, Sandrine Motto-Ros de l'Athlé Saint Julien, vainqueur récente de la Grimpée du Semnoz...Une explication au sommet s'est décidée malgré nous...A ce petit jeu-là, l'orangeoise a été la plus forte. Elle s'impose devant la savoyarde...et moi ! Tant pis, je me consolerai en noyant mon chagrin avec le carton de Gigondas qu'on m'a offert au podium !
Bon, il paraît, mais c'est peut-être une rumeur, qu'à force de courir à Gigondas, on finit par prendre de la bouteille ! Mais, ce qui m'a manqué aujourd'hui, c'est de rencontrer un Kikou d'chez Kikouroù? ! J'avais mis ma belle casquette rouge en espérant que ça allait en faire venir...mais rien...Pas l'ombre d'un Kikou ! Dommage, je lui aurais proposé un ravitaillement au Gigondas !
Demain,dimanche 24 Juin je serai à Seyssins pour la course SEYSSINS SAINT NIZIER (38). Il s'agit de la 4e manche du Challenge National de course en montagne. Au menu 13,720 km avec + 950m de dénivellation positive.
Je ne sais pas encore si je prendrai un dossard. Deux courses en un week end, ce n'est pas mon habitude...Je ne l'ai jamais fait d'ailleurs. Je ne suis pas sûre que ce soit raisonnable. Mon idée est d'encourager Franck (DéfiFranck). Peut-être vais-je monter en voiture jusqu'à Saint Nizier. Là je la laisse, et je remonte (et redescends !) le parcours jusqu'à sa rencontre...Je verrai bien, et vous saurez la réponse demain soir !