Le blog de Titifb, passionnée de montagne. 6e des championnats du monde Master de course en montagne 2006. Trails, 10 km, plans d'entraînement, conseils, récits de courses...Coach d'une équipe de coureurs Drômois.
Après un été bien chargé en compétitions (9 en 2 mois...), je renonce ce dimanche 2 septembre à accrocher un dossard sur mon maillot. Aujourd'hui, point de stress, seul le plaisir de courir en montagne va m'animer. Le programme du jour sera une rando-course dans le massif du Vercors : Le tour du Plateau d'Ambel par la Tête de la Dame.
La Tête de la Dame est l'un des sommets les plus méridionaux du massif du Vercors. Elle constitue la bordure Sud de l'immense plateau d'Ambel dont le tour représente quand même 20 km et offre 805 m de dénivelée cumulée. Les randonneurs peuvent scinder leur sortie en deux journées grâce à la présence des refuges de Tubanet et d'Ambel, mais l'isolement de la région doit être gardé à l'esprit, particulièrement en cas de mauvais temps, car il serait aisé de tourner en rond au milieu des vastes alpages jusqu'à l'épuisement. Ce ne fut pas le cas dimanche, le ciel était parfaitement dégagé et aucun nuage n'a eu l'outrecuidance de venir perturber la fête. Quant à ma vitesse de déplacement en rando-course, celle-ci me met à l'abri de devoir en trouver un ! Bref, ce tour du plateau d'Ambel a été un fabuleux voyage aux portes de la Provence qui aura duré 2h11...A noter que le Plateau d’Ambel fut le 1er Maquis de France en 1942.
Sérénité, lumière, solitude, et liberté au rendez-vous...
C'est un peu par hasard que j'ai choisi cette randonnée, et je ne le regrette pas ! C'est vraiment ce qu'on peut appeler un "spot" ! Pratiquement tout l'itinéraire peut se faire en courant. Seules quelques buttes ralentissent mes foulées, m'obligeant à marcher...Rien d'insurmontable, car au cœur d’un pli calcaire du Vercors, le plateau d’Ambel est constitué de vastes pelouses et d’une mosaïque de clairières et forêts.
Le soleil se lève sur les préalpes, une lumière blonde illumine l'atmosphère irréelle qui règne ici à près de 1500m d'altitude. L'air est transparent, et seule une très lègère brise chante dans quelques hautes herbes qui dansent dans le souffle du vent. Je suspends ma foulée et m'arrête en haut d'une crête, mon regard embrasse le Diois en contrebas d'une immense falaise. Les battements de mon coeur se font plus calmes, l'instant m'appartient. Le sentiment de communier avec le nature à ce moment précis m'envahit et mon esprit s'évade...
Un rendez-vous de toute éternité m'attendait ici sans que je n'en susse rien.