Dimanche 10 Février à Connaux dans le Gard, ont eu lieu les FOULEES DE LA TAVE, nom d'une rivière au fort tempérament qui, comme la Cèze, serpente jusque dans l'arrière-pays du Languedoc et des Cévennes.
J'ai épinglé à mon "palmarès" l'édition 2005, ainsi que celle de 2007. Ne dit-on pas "jamais deux sans trois" ? Bon, pour 2008, je l'avoue, je suis partie sans l'ambition de faire le triplé...et pour cause, je savais, de façon certaine, que j'allais tomber sur plus fort que moi : en effet, Chantal Baillon ayant décidé de participer à la fête, je n'avais guère d'illusion…
Cette course de 10,8 km, légèrement vallonnée, emmène un peloton bariolé et joyeux à travers la campagne et les vignes de ce petit village qui est une création des Bénédictins de St-Pierre-de-Castres. En effet, au XIIIe siècle, Connaux était occupé par un vaste marais et des Bénédictins bâtirent sur un rocher une enceinte flanquée de quatre tours. Ils érigèrent également les premières maisons de Connaux autour d'une petite église de style romano-byzantin, datant du milieu de XIIIe siècle.
Au XXIe siècle, une activité étrange s’y déroule tous les ans, en plein mois de Février. Les bénédictins n’y sont pour rien, mais Jacques Terrasse doit avoir leur...bénédiction car, organisateur de cette course, celui-ci l’orchestre toujours magistralement. Il faut dire que notre organisateur s’est s’entouré d’une bonne équipe de bénévoles et avec l’aide précieuse, s’il en est, de René Reboul qu’on ne présente plus, ainsi que de Claude Razon, l’animateur bien connu du Gard. La convivialité est présente à chaque rendez-vous, et les 400 coureurs (sans compter les enfants qui en ont décousu avant nous) venus de toute la région peuvent en témoigner : il fait bon courir à Connaux ! Les conditions météo, (température proche de 0° à 8h...) étaient excellentes à 10h : soleil et absence de vent. Dans le Gard, c'est appréciable, car certaines années, Mistral et Tramontane s’étaient invités à la fête et avaient conjugué leurs efforts pour ralentir les coureurs trop pressés.
Chronique d’une deuxième place annoncée
L'an dernier, j'avais tiré la langue sur cette épreuve qui en fut vraiment une pour moi, et l'emporter après des mois de blessures avait été une immense joie ainsi qu’une immense surprise. Je franchissais la ligne d’arrivée en 43’20 devant Cathy Montès.
Cette année, pas de miracle : je suis à ma place et Chantal à la sienne, c'est à dire, elle devant qui l'emporte en 41'39, et moi derrière à 47 secondes en 42’26. La 3e est loin d'être une inconnue puisqu'il s'agit de la célèbre pompier du Gard, l'excellente athlète Josy Nouis, vainqueur à de multiples reprises de toutes les courses de la région, et, excusez du peu, championne de France des Sapeurs Pompiers...Elle complète le podium scratch en 43’23.
Ma course ne fut pas, cette année non plus « un long fleuve tranquille ». Un point de côté assassin me tortura du 2e au dernier kilomètre…J’ai serré les dents et mis un mouchoir sur ma douleur. Je n’ai jamais perdu de vue le maillot rouge de mon…adversaire du jour !
Dès la sortie du village, nous entamons une montée dans un lotissement, et là, Chantal, toujours très à l’aise dès que la route se redresse, me met quelques mètres que je ne parviendrai plus à combler. Au sommet de la côte les jeux sont faits. Elle profite, évidemment, de la descente pour me donner le coup de grâce, et moi, pliée en deux par mon point de côté, je regarde s’éloigner cette victoire que je savais de toute façon extrêmement compromise dès le départ.
Eh oui, il aurait fallu, pour que je la batte aujourd’hui, qu’elle soit en sacrée méforme. Mais « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » Et puis, j’ai oublié de dire que sur la ligne de départ, Chantal m’a rappelé sa proposition : « Celle qui bat l’autre l’invite au restau ». Non ! Je ne me suis pas laissée gagner exprès ! Non ! Croyez-moi, si j’avais pu l’accrocher et lui montrer mon dos, je l’aurais fait…Bon, il ne me reste plus qu’à réserver à la Beaugravière (cf : Lou Crestaïre) !
Dès la ligne d’arrivée franchie, j’ai attendu Josy pour la féliciter…Une sacrée coureuse cette fille ! Aussi tenace que sympathique. Sur les courses, adversaire respectée, mais copine dans la vie…

Chez les garçons, la bataille a fait rage également. Stéphane Guerrero de l’UA Carpentras s’impose en 37’08 devant Ludovic Dumas (37’19) de l’ACN Anduze. Le 3e homme n’est autre que Frédéric Desplat (38’24) que j’avais rencontré à la course de Chantemerle les Grignan en Septembre 2007 qu’il avait d’ailleurs remportée brillamment.
Résultats des athlètes de la Foulée Lagardienne :
David Bres, 69e en 46’49, 29e V1
Magali Massaudet 75 e en 47’10, 5e V1
Véronique Fijalek 163e en 52’29 et 12e V1
Christine Cance : 215e en 55’40 et 19e V1
A Connaux, connaux et demi !
La ville de Connaux est devenue célèbre pour le libellé de son monument aux morts. Celui-ci porte en effet l'inscription : "Aux enfants de Connaux morts pour la patrie", ce qui ne pose certes aucun problème en version écrite, mais dont la prononciation n'est, disons, pas très heureuse, voir…fâcheuse ! Cette particularité a permis aux antimilitaristes d'en faire des "gorges chaudes"...et même de faire de cette phrase une sorte d'emblème...